les portes d un monde nouveau

les portes d un monde nouveau
Mon c½ur est une entaille sombre
Perdue dans un épais brouillard
Dont la blancheur cache les phares
Et ne me laisse que des ombres.

Mon esprit est une rognure
Comme un vieil ongle recraché
De la bave et de la sciure
Dissimulent chaque secret.

Mon âme est une illusion morte
Dont le spectre hante mes visions
Et le souffle du vent emporte
La cendre d'une incarnation.

Ma vie se perd au sein noirci
De cette trinité minable
Si pathétique avant l'oubli
Ce squelette au sourire affable.

# Posté le jeudi 03 août 2006 04:28

Modifié le lundi 20 août 2007 17:25

La Belle

La Belle
Elle est belle, ô mortels! comme un rêve de pierre,
Et son sein, où chacun s'est meurtri tour à tour,
Est fait pour inspirer au poète un amour
Eternel et muet ainsi que la matière.

elle trône dans l'azur comme un sphinx incompris;
et unis un coeur de neige à la blancheur des cygnes;
elle hais le mouvement qui déplace les lignes,
Et jamais ne pleure et jamais ne ris.

Les poètes, devant ses grandes attitudes,
Qu elle a l'air d'emprunter aux plus fiers monuments,
Consumeront leurs jours en d'austères études;

Car elle a, pour fasciner ces dociles amants,
De purs miroirs qui font toutes choses plus belles:
Ses yeux, ses larges yeux aux clartés éternelles!

# Posté le jeudi 03 août 2006 05:01

l amour du démon

l amour du démon
Comme les anges à l'oeil fauve,
Je reviendrai dans ton alcôve
Et vers toi glisserai sans bruit
Avec les ombres de la nuit;

Et je te donnerai, ma brune,
Des baisers froids comme la lune
Et des caresses de serpent
Autour d'une fosse rampant.

Quand viendra le matin livide,
Tu trouveras ma place vide,
Où jusqu'au soir il fera froid.

Comme d'autres par la tendresse,
Sur ta vie et sur ta jeunesse,
Moi, je veux régner par l'effroi

# Posté le jeudi 03 août 2006 12:46

Uriel

Uriel

L'ombre des arbres dans la rivière embrumée
Meurt comme de la fumée
Tandis qu'en l'air, parmi les ramures réelles,
Se plaignent les tourterelles.

Combien, ô voyageur, ce paysage blême
Te mira blême toi-même,
Et que tristes pleuraient dans les hautes feuillées
Tes espérances noyées !
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# Posté le vendredi 04 août 2006 06:12

le coeur brisé

le coeur brisé
Ô triste, triste était mon âme
À cause, à cause d'une femme.
Je ne me suis pas consolé
Bien que mon coeur s'en soit allé,
Bien que mon c½ur, bien que mon âme
Eussent fui loin de cette femme.
Je ne me suis pas consolé,
Bien que mon c½ur s'en soit allé.
Et mon c½ur, mon c½ur trop sensible
Dit à mon âme : Est-il possible,
Est-il possible, - le fût-il, -
Ce fier exil, ce triste exil ?
Mon âme dit à mon c½ur : Sais-je
Moi-même que nous veut ce piège
D'être présents bien qu'exilés,
Encore que loin en allés ?

# Posté le vendredi 04 août 2006 06:31